lundi 30 juin 2014

Z... comme Zuber et toujours des coïncidences

Les Zuber, c'est la branche que j'ai décidé de pister cette année. Car même après plus de 25 ans de recherches, certaines branches de l'arbre sont toujours au point mort ou presque.

Il faut dire que les Zuber sont suisses. De la Suisse toute proche de la frontière française. Mon arrière grand-mère Fanny Zuber épouse Rigoulot, la mère de mon grand-père Henri, que j'ai d'ailleurs bien connue (elle est morte en 1980), était née en 1894 à Courtemautruy, une petite bourgade du canton du Jura. Elle, et ses dix frères et sœurs, sont d'ailleurs nés dans la Confédération Helvétique.

Fanny Zuber et Edmond Rigoulot
Ce que je sais, c'est que son père Henri Zuber, est mort à Etupes le 3 janvier 1942 à 19 h 30 en son domicile. Ce lieu n'est pas précisé, mais je sais où il se trouve. Ce cultivateur habitait le Faubourg, un quartier d'Etupes. Le couple et ses enfants étaient venus en France pour cultiver la terre. Il s'était d'abord installé à la ferme dit "Du pié d'égoutte" aujourd'hui orthographié "Pied des gouttes". Une ferme qui est toujours là et a été transformée en Chambres d'hôtes.

Coïncidence, cette ferme est située à Exincourt (25) commune d'origine de toute la famille Rigoulot dont l'un des représentants, Edmond, épousera Fanny.

Fanny et Edmond en 1919
Coïncidence encore, l'acte de décès d'Henri Zuber est signé d'Alfred Doriot, mon arrière grand-père dont la fille, Liliane épousera le petit-fils d'Henri Zuber... lui aussi prénommé Henri ! Pour la petite histoire le prénom Henri vient de l'ancien Horry qui a aussi donné le patronyme... Doriot.


Sur son acte de décès, Henri Zuber est dit né de Jacques et de Maranie Allimare. Sa naissance est située le 19 mars 1862 à Kunsberg. Une ville totalement inconnue en Suisse... Il s'agit en fait de Gunsberg, dans le canton de Soleure (Solothurn). Ce qui prouve qu'il avait gardé un certain accent germanique en disant à ses enfants où il était né...

L'épouse d'Henri Zuber est Marie Varin, est né à Courgenay le 29 novembre 1861, la commune de rattachement de Courtemautruy dans le canton du Jura. Elle décède à Etupes également un 3 janvier mais de 1936. Son père esr Jospeh et sa mère Madeleine Desbœufs.

Le blason en Suisse étant chose courante, j'en ai retrouvé un sur un site spécialisé et concernant les Zuber de Soleure : "En rouge, au-dessus de trois monts argentés, un baquet en or surmonté de trois étoiles dorées à six branches" (In "Blasons des citoyens de Solothurn", 1937.

La présence d'un baquet est logique, puisque le patronyme Zuber peut être traduit par cuve ou baquet.

Voilà donc où en sont mes recherches !

Je me suis également lancé dans la lecture du guide "Retrouver ses ancêtres suisse". Pour Courgenay pas de gros problème en perspective, mais pour Gunsberg, ce sera une autre paire de manches puisque je ne suis pas germaniste...


samedi 28 juin 2014

Y... comme Le "dérèglement d'amour" de Jeanne Ygounet !

Curieux patronyme que Ygounet, un dérivé du prénom Hugues. Il apparaît dans ma généalogie le 7 novembre 1785 à la faveur de son mariage dans la paroisse Saint-Vincent de Carcassonne avec Antoine Esprit Plancard, un drosseur, né le 14 août 1759 dans la même paroisse de la ville basse.

Elle est la fille de Gabriel Ygounet et de Jeanne Capignol. Le couple aura au moins une fille, Jeanne comme sa grand-mère qui verra le jour en 1787 et décédera en 1789.

Les renseignements sont maigres, mais le couple profitera de la loi du 20 septembre 1792 autorisant le divorce. En effet, la séparation fera l'objet d'un acte daté du 24 pluviôse An II (12 février 1794). Le motif est joliment tourné : le couple divorce pour "dérèglement d'amour de la part de Jeanne Ygounet" ! Bref, elle ne l'aimait plus.

Antoine Esprit se remarie quelques mois plus tard le 21 frimaire An III (11 décembre 1794) avec une certaine Catherine Moni, trieuse de laine de son état et de douze ans sa cadette puisque née à Alzonne (11) le 2 juin 1771.

Voilà comment un simple nom commençant par un Y nous a fait entrer dans les arcanes des mariages et des divorces du crépuscule de l'Ancien Régime à l'orée de la République.


vendredi 27 juin 2014

X... comme De l'an X au Nonidi 9 Messidor An CCXXII

Ah, il est loin le 22 prairial de l'An X (11 juin 1802) date à laquelle naissait Antoine Plancard dans la Cité de Carcassonne, deux ans avant le sacre de l'Empereur Napoléon Ier le 2 décembre 1804 soit le 11 frimaire An XIII.

Premier né de Jean Plancard de retour des guerres de la Révolution et du Consulat, période où il côtoya Bonaparte durant la Première campagne d'Italie notamment à Arcole.

Et qui n'a pas, dans sa généalogie, été confronté à ces dates du calendrier républicain qui entra en vigueur le 6 octobre 1793 soit le 15 vendémiaire An II. Il débute réellement le 1er vendémiare An I soit le 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République. Pour plus de détails, cliquez ici.

Calendrier-republicain-debucourt2.jpg
« Calendrier-republicain-debucourt2 » par Debucourt, Philibert Louis — Bibliothèque nationale de France. Sous licence Public domain via Wikimedia Commons.

Les noms de la semaine avaient aussi été changés et organisés par décade (trois pour constituer un mois) : primidi, duodi... jusqu'à décadi

Sans oublier les sans-culottides, jours complémentaires, du 17 au 21 septembre de chaque année et le 22, jour de la révolution, les années bissextiles.

C'est l'An XIV qui est là dernière année de ce calendrier républicain. Elle s'étale entre le 23 septembre 1805 et le 1er janvier 1806 (11 nivôse) date à laquelle reparaît le calendrier grégorien.

Je me suis toujours demandé, si le calendrier républicain existait toujours, quel jour je serais né. J'ai fait la conversion et j'aurais donc vu le jour le 3 floréal de l'An CLXXXVIII, jour de la fougère, un système adopté en remplacement des saints de la semaine.

Je vous laisse donc faire la conversion sachant que la date d'aujourd'hui, vendredi 27 juin 2014 est en fait le nonidi 9 messidor de l'An CCXXII, jour de l'absinthe...

jeudi 26 juin 2014

W... comme un grand verre de Wiki s'il vous plaît !

Oui je sais, c'était facile. Wikipedia, l'encyclopédie participative. La tarte à la crème de la lettre W.

Il faut dire que cette lettre est un casse-tête pour qui n'a pas de nom commençant par W.

Pourtant, c'est dans ces pages que j'ai découvert par mal d'histoire concernant ma famille et les lieux dans lesquels ils vivaient. Carcassonne bien sûr, l'article est gigantesque. Mais aussi Chasnans dans le Doubs bourg de 250 âmes.

Sans oublier que j'y ai trouvé la trace de François Plancard (fondeur de fer et de cuivre à Carcassonne) dans un article concernant le sculpteur Eugène-Louis Lequesne un sculpteur dont François Plancard avait coulé la statue de la République de Marcorignan (11) sur laquelle j'ai retrouvé sa marque de fondeur...





Alors, pas un instant à perdre, foncez sur Wikipedia, vous y découvrirez des trésors...


mercredi 25 juin 2014

V... comme Vol de voiture

Parfois, des pépites se cachent dans les colonnes des journaux. C'est pourquoi, j'épluche régulièrement Gallica dans sa section "Presse et revues". Nous avons déjà parlé des avis de décès, mais des détails croustillants se trouvent parfois dans la rubrique faits-divers ou justice.

Comme dans "Le Petit Parisien" paru le 13 novembre 1912 à la page 4 on trouve le "Bulletin judiciaire" :



La deuxième affaire vaut son pesant de cacahuètes :
"Devant le tribunal correctionnel de Carcassonné ont comparu les nommés Pierre Barrie, vingt-deux ans, employé de bureau, né à Ferrau (Aude), et Jules Causse, vingt-deux ans, garçon de café, né à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), qui, le 21 mal dernier, assaillirent, pour le dévaliser, M. Jean Feuillat, négociant en vins Carcassonne, qui regagnait son domicile, rue de Belfort. La même nuit, une automobile fut soustraite à M. Michel Plancard, fondeur, et abandonnée à 1.500 mètres de la ville, à la suite d'une panne, par l'auteur du vol, qui n'était autre que Causse. Les deux inculpés ont été condamnés chacun à trois ans de prison. Barrie va avoir à répondre maintenant, devant les juges de Toulouse, d'une agression commise dans cette dernière ville, dans les mêmes conditions, qu'à Carcassonne, contre M. ?, conseiller à la cour d'appel de Toulouse."
Une belle histoire de pieds-nickelés donc ! Mais on en apprend donc par la même occasion que Michel Plancard dispose d'une automobile. Chose encore assez rare en 1912.
Et en fouillant un peu sur le web, je suis tombé sur un site en anglais mentionnant Michel Plancart, avec un T au bout. Mais c'est bien le même.

On y explique qu'il fut le premier propriétaire d'une Panhard-Levassor modèle "Tonneau" et qu'il l'acheta à Toulouse le 5 juin 1901. D'ailleurs l'immatriculation d'origine a été conservée : 11T, c'est à dire... la 11e voiture de l'arrondissement de Toulouse !
On la voit même en photo sur ce site. Le modèle, reconnaissable entre mille avec son phare unique est conduite sur ce site par le peintre Claude Monet en 1901. Est-ce la même qui avait été volée en 1912 ? c'est bien possible, puisque cette voiture, apprend-on, a été stockée dans un château à Carcassonne, c'est sans doute le château de Saint-Brès, propriété de son fils Emile.

Cette voiture, ne disposant d'un seul phare et portant encore son immatriculation d'origine a été vendue et transportée aux Etats-Unis dans les années 1990 et qu'elle a été entièrement restaurée. Elle a même participé en 1996 au 100e anniversaire de la course pour voitures anciennes "London to Brighton". Elle affichait en pointe, une vitesse de 25 à 30 mph soit entre 40 et 50 km/h.

Elle fut vendue en Californie en 2007 pour 297.000 $ soit envirion 220.000 € !

Toute l'histoire est partie d'un anodin vol de voiture...




mardi 24 juin 2014

U... comme USA

Vous allez voir par quel biais détourné, je vais arriver aux Etats-Unis.

Je ne reviendrai pas sur Charles Doriot, le père de mon arrière grand-père parti aux Etat-Unis en 1886. Ni sur Marie-Louise Doriot, sa cousine, partie avec lui et qui fonda une famille avec un Lozèrois bon teint, Paul Emile Gaston Atger. Je suis en rapport avec sa petite-fille pour laquelle j'ai effectué des recherches en France et qui m'a fait parvenir des cartes postales de Montbéliard écrite par sa soeur resté au Pays...

Voici la photo de mariage du couple Atger-Doriot prise à Philadelphie en juillet 1890 que m'a gentiment envoyée, des Etats-Unis, sa petite-fille :


Et voici une carte postale postée de Montbéliard et écrite par sa sœur Emilie Catté née Doriot :


Je pourrais aussi parler du troisième cousin, Charles Doriot, qui partit lui aussi en 1886 et fonda lui aussi une famille au pays de Washington dont les descendants sont en lien avec des cousins. D'ailleurs, la famille américaine de ce Charles Doriot correspond avec Charles Doriot, mon aïeul. Je possède une carte postale de la Saint-Patrick 1913 postée de Philadelphie (à noter que tamponnée aux Etats-Unis le 5 mars, elle est arrivée en France le 15...) :



Non. Ce n'est pas cela qui m'intéresse, puisque ces histoires me sont connues.

Quand je lui disais qu'il y avait un grand nombre de tombes du cimetière d'Etupes qui mentionnait le patronyme Doriot, elle me répondait immanquablement que ces personnes ne faisaient pas partie de la famille. Tout cela me semblait étrange vu que nous descendions d'un ancêtre commun Jean Georges Doriot, meunier de son état, et qui est arrivé à Etupes au milieu du XVIIIe siècle et qui eut une ribambelle de descendants :

Tombe ancienne recelant des Doriot au cimetière d'Etupes (25)
Une tombe m'intriguais particulièrement sur le fronton de laquelle on peut lire : Doriot-Lyon. En effet, le patronyme Lyon n'existe pas dans le Pays de Montbéliard. De plus aucune personne ne portant le patronyme Lyon, à part une certaine Suzanne née Doriot (1816-1880). Née et morte à Etupes certes, mais entre temps, la jeune femme avait tenté l'aventure américaine comme bon nombre de ses compatriotes. Elle partit avec son frère Pierre (1819-1884), enterré avec elle.

Tombe Doriot-Lyon

Elle épousa aux Etat-Unis, un certain Myron Lyon (dont je ne sais rien) duquel elle eut plusieurs enfants dont Adèle Lyon épouse Durbec (+1940), qui repose dans la sépulture erbatonne. Cette dernière est née dans le Wisconsin en 1860 et épousa à Etupes un Toulonnais Jules Durbec. Le couple eut plusieurs enfants aux Etats-Unis et plusieurs en France dont Adèle en 1882 à Houilles et Jules en 1883. Ce qui peut marquer le retour en France de la famille au grand complet, fortune faite.

L'Adèle née en 1882, épousa à Nice Emile-Louis Monnin-Gillot et mourut à Coubon (42) en 1966...

Finalement, cette famille dont le lieu de rattachement est Etupes et qui cousine avec ma branche pour se rattacher à notre ancêtre commun, a sillonné le monde à une époque où l'on ne le sillonnait guère. La bougeotte a repris les descendant qui ont, eu, parcouru la France...

lundi 23 juin 2014

T... comme Veux-tu une part de Toutché ou la recette pour être gaie ?

Impossible pour moi de passer à côté d'une recette qui a marqué mon enfance : le toutché ou gâteau de fête. Un dessert traditionnel qui se sert plutôt avec le thé l'après-midi qu'à la fin d'un repas... mais les plus téméraires peuvent s'y risquer !

Il y a plusieurs variante du toutché. En fait, chaque foyer du Pays de Montbéliard avait la sienne. Mais la base reste la même : de la pâte à pain sur laquelle on met un mélange de beurre et de sucre pur qu'il caramélise au four ou bien encore une préparation à base de crème, d’œufs et de sucre ou de sel (le vrai paraît-il est salé). Cette sauce que l'on appelle le "goumeau" (la "migaine" en Lorraine) sert aussi agrémenter les fruits sur une tarte aux fruits surtout les pommes, les prunes et les mirabelles.

En voici d'ailleurs une recette sur ce site internet ou une autre  sur cancoillotte.net... et une dernière pour la route sur ce site.

Ma grand-mère Liliane n'était pas très versée dans la cuisine, mais pourtant très gourmande de desserts.Je conserve d'elle un petit carnet gris daté de juillet 1944 (elle avait 23 ans), dans lequel elle a noté de sa belle écriture, qu'elle a conservée jusqu'à la fin de sa vie, une foule de recettes. Dont celle du toutché sous l'appellation "Gâteau de fête". Ici, point de crème ni d’œufs pour la garniture, mais simplement du beurre et du sucre et une pointe de saindoux quand même...


En feuilletant le carnet, je suis bien sûr arrivé à la dernière page qui recèle une recette toute particulière : une "recette pour être gaie" ! Un petit texte visiblement issu de la plume d'Hélène, duchesse d'Orléans.
Voici ce qu'il dit :
" Commencer par nettoyer énergiquement le fond de votre cœur de peur qu'il n'y demeure attaché quelque reste de vieil égoïsme ; prenez ensuite de la patience et de la douceur, ajoutez-y une dose raisonnable de bon sens avec une goutte d'eau de Léthé pour faire oublier les offenses et les peines passées ! Il nous faut encore quelques onces, non pas d'esprit léger, mais d'esprit facile, un gain de sel pilé très fin, beaucoup de bonne volonté, d'énergie et de charité active, un peu de courage et d'assurance sans oublier le calme mêlé de joyeuse confiance. Mélangez tout cela et faites-en un breuvage que vous prendrez avec simplicité de cœur. Puis si contre fausse attente, votre cœur ne se calmait pas, jetez vers le ciel un regard suppliant ; alors soyez sans crainte, tout ira bien ; vos larmes sécheront et votre bouche sourira sans que personne devine votre secret ".
Une vraie recette aussi pour mener à bien des recherches généalogiques !