mardi 11 juillet 2017

Antoinette Philomène Plancard de Carcassonne

La seconde Philomène de mon arbre généalogique est l'antépénultième enfants du couple formé par Pierre Plancard et Justine Cauture.

Pierre Plancard est né 29 brumaire An XII à Carcassonne, soit le 21 novembre 1803. Il est le second fils de Jean Plancard, mon soldat de la Révolution, tout juste rentré de ses campagnes militaires, et d'Antoinette Bac. D'ailleurs, Pierre Plancard signe "Plancard cadet" lors de son mariage !

Pierre Plancard est veuf. Il a épousé en premières noces Marie Chasma décédée à Carcassonne le 27 juillet 1838 dont il n'a eu, visiblement, aucun enfant.

Il convole donc une seconde fois à l'âge de 38 ans, le 24 mai 1842 avec une jeune femme de vingt ans sa cadette : Marie-Justine Adèle Cauture née à Caudebronde, dans le canton de Villemoustaussou à une trentaine de kilomètres de Carcassonne, le 12 février 1824.

Si Pierre a débuté sa vie professionnelle comme pareur de drap, il la poursuit comme serrurier à l'instar de plusieurs de ses frères comme Antoine et François, témoins à son mariage.
Marie-Justine, elle, est épotoyeuse, un métier qui vise à retirer les impuretés dans la laine brute. Elle est aussi "très" enceinte au moment de son mariage puisqu'elle accouchera un mois plus tard de son première enfant.

En effet, Jenny Plancard voit le jour le 22 juin 1842. Suivront Anne en 1844, Auguste en 1846, Adélaïde en 1848, Catherine en 1851 et Auguste Jean en 1854.

Sans oublier la fameuse Antoinette Philomène née le 1er décembre 1849. Le père a 46 ans et la mère 26.
Cette petite fille naît à leur domicile du 19 rue de la Mairie, aujourd'hui rue Aimé Ramond :



Le 16 septembre 1854, Marie-Justine Adèle Cauture décède à l'âge de 31 ans au 1 rue de la Mairie. Sûrement des suites de la difficile naissance de son dernier enfant : Auguste Jean né le 3 septembre 1854. Au passage, grâce à cet acte de naissance ont apprend que le couple est domicilié à... Conques. Est-ce Conques dans l'Aveyron à 300 kilomètres de Carcassonne ou Conque-sur-Orbiel dans l'Aude à 10 kilomètres de la rue de la Mairie ? La seconde hypothèse semble plus plausible puisque le couple est revenu à Carcassonne pour la naissance de l'enfant chez les parents de Pierre au 1 rue de la Mairie.

Les enfants du couple, à l'exception de Jenny, morte célibataire en 1916 et d'Adélaïde en 1871, décèderont en bas âge : Auguste en 1846 ou Auguste Jean en 1857...

Sans oublier Antoinette Philomène décédée le 19 juillet 1855 à 5 ans et demi dans "la maison sise à côté des jardins de l'évêché". Pierre Plancard est donc revenu de Conques et vit sans doute de nouveau à Carcassonne.

L'évêché est situé actuellement au 89 rue Jean Bringer. A l'époque c'était la rue de la Préfecture. La maison dans laquelle est morte Antoinette Philomène est sans doute celle-ci, les jardins de l'évêché sont juste à côté :



Quant à son lieu d'inhumation, il ne nous est pas connu : Carcassonne ? Caudebronde ? En tout cas, le corps d'Antoinette ne repose pas avec sa tante et deux de ses sœurs dans une singulière sépulture du cimetière Saint-Michel de Carcassonne.

En effet, Geneviève, sœur de Pierre Plancard, née en 1821 est morte célibataire en 1898, elle est enterrée dans une belle tombe du carré 13, emplacement 502. Outre son corps, elle referme ceux d'Adèle (1848-1871) et de Jenny (1842-1916), deux filles de Pierre Plancard et de Marie-Justine Cauture morte à l'âge adulte. Elle porte cette inscription : "Geneviève Plancard et ses nièces" :


lundi 10 juillet 2017

Philomène Doriot, la fille du bagnard

Dans mon arbre généalogique les Philomène ne sont pas légion.

Mais en cherchant bien, j'ai réussi à en trouver deux. Elles n'ont pas eu un destin très heureux ni une vie très longue, mais elles s'inscrivent pour l'une dans ma branche maternelle et pour l'autre dans ma branche paternelle.

Mais ces deux Philomène sont quand même, de façon étonnante, de lointaines cousines...

Je commencerai donc par celle de ma branche maternelle.

Elle naît le 25 août 1875 à l'hôpital de Mustapha, commune rattachée à Alger. L'hôpital est le plus grand d'Afrique du Nord.

Philomène Doriot est déclarée par le docteur Paul Le Provost, chirurgien de l'hôpital et les deux témoins sont des infirmiers.

La petite fille, née sans doute à la suite d'une grossesse qui se présentait mal (on accouchait à domicile à cette époque), a été déclarée sous le nom de Doriau... et juste avec les prénoms de Marie Anne.

Hôpital Mustapha Entrée.jpg
« Hôpital Mustapha Entrée ». Via GeneaWiki.

Exit donc le prénom Philomène qui n'apparaît qu'un peu plus d'un an plus tard sur son acte de décès (numérisé sur le site des Anom) dans la ville d'Isserville-les-Issers, aujourd'hui Issers, dans le wilaya de Boumerdès en Kabylie, soit à une soixantaine de kilomètres d'Alger.

En effet, Philomène Marie Anne Doriot meurt le 9 novembre 1876 à Isserville.


Il est bien précisé qu'elle est la fille de David Doriot, cultivateur et de Marie Anne Keller, sans profession, qu'elle était bien née à Mustapha, près d'Alger et qu'elle est âgée d'un an.

Elle est le dernier enfant du couple qui s'est marié le 5 octobre 1858 à Douaouda dans le wilaya de Tipaza. Un village créé de toutes pièces pour des colons francs-comtois.

David Doriot est né à Etupes dans le Doubs en 1834 et Jean-Nicolas, son père, a émigré avec sa famille aux alentours de 1843.
Epoux de Catherine Peugeot, il a même été maire de Douaouda. Jean-Nicolas est le petit-fils de Jean Georges Doriot (1705-1782), meunier à Etupes et de Marie-Marguerite Maillard-Salin, mes ancêtres directs.

David épouse donc en 1858, Marie Anne Keller, une alsacienne du Haut-Rhin, née à Mayenheim, canton d'Ensisheim en 1839.

David Doriot est condamné en 1877 aux travaux forcés pour atteinte à la pudeur sur l'une de ses filles et violences envers les gendarmes venant l'interpeller. Il décédera en mars 1896 au bagne de l'Ile Nou en Nouvelle-Calédonie.

Hasard de l'Histoire et des rencontres, son fils Pierre, née en 1873 épousera, l'année du décès de son père, Marie-Thérèse Pastor à Isserville. Le couple aura une fille Marie Doriot qui s'unira avec Alphonse Allemand, d'une famille issue des Hautes-Alpes et dont l'ancêtre Jean-Eugène Allemand avait une sœur : Pauline Lézarine qui fut la mère de Marie Félicité Sellier, l'épouse de mon aïeul Alphonse Jean-Pierre Plancard, l'arrière-grand-père de mon père...

Alphonse Jean Pierre Plancard et Marie Félicité Sellier dans les années 1930.

Philomène Marie Anne Doriot, n'a donc eu qu'une vie extrêmement courte.
La Philomène de ma branche paternelle a vécu quelques années de plus.

Rendez-vous demain pour en savoir davantage.








vendredi 30 juin 2017

Z comme Un drôle de Zigoto !

Dans une généalogie, il y a les individus dont le destin n'échappe pas. Ou très peu. Ceux qui sont nés, mariés et morts aux mêmes endroits, qui ont épousé une fille du coin et ont eu des enfants dans le secteur.

Et puis il y a les zigotos comme je les appelle. Ils ne sont pas très nombreux dans ma généalogie mais c'est vers eux que je concentre mes recherches. Forcément.

Ce sont des zigues dont la personnalité et la psychologie échappent, qui ne suivent pas un chemin tout tracé, qui prennent des rues de traverses et que l'on retrouve par hasard, au détour d'un acte ou d'un article. Des "savonnettes" généalogiques...

C'est le cas d'Emile Jean Jules François Plancard, né en 1887 à Carcassonne et mort à Alger en 1948.

De prime abord, en regardant les documents que je possède sur lui, on peut dire qu'il y a eu un avant et un après guerre de 14...

En 1910 (les références à ces articles sont disponibles à la lettre T), il commet diverses infractions au volant de son automobile. Idem en mars 1914 où il renverse un cycliste à Carcassonne. Il est donc d'un milieu aisé. Il est le fils de Guillaume-Michel, le fondeur qui a peuplé les billets du Challenge AZ.


On voit aussi qu'il est un poil instable : industriel à Cenne-Monestier en 1910 (dans le textile ou dans la chaux), il exercera la même profession mais à Carcassonne en 1913 lorsqu'il se marie à Lavelanet en Ariège... il habite, à cette époque, au 3 rue Antoine Marty à Carcassonne, l'immeuble a aujourd'hui disparu.
Mais en 1912, il reçoit chez lui son cousin, mon arrière-grand-père Gabriel né en Algérie, dans son appartement du 7, rue Raymond IV à Toulouse... il y vit toujours en 1925 lorsqu'il dépose un brevet d'une "claie à ombrer" à l'INPI !

En 1914, lors de son second accident de la route, il est dit négociant à Carcassonne...

Et puis survient la guerre de 1914. L'homme, s'est engagé pour 3 ans au 5e régiment de Chasseurs d'Afrique. Sa profession est alors... fermier agriculteur ! Il fait la campagne d'Afrique de février 1905 à août 1907 en Algérie. Puis passe au 1er Hussards et enfin dans l'armée de réserve avec un certificat de bonne conduite.

En 1912, sa fiche matricule comporte une condamnation civile caviardée puisqu'elle fut amnistié en 1919.

Le 3 août 1914, il est rappelé lors de la mobilisation générale et est versé dans l'artillerie au 9e RA... peut-être a-t-il rencontré le frère de mon arrière-grand-mère maternelle ?
Puis il intègre l'arme du Train. Classé inapte provisoirement pour "endocardite rhumatismale et hypertrophie ventriculaire", des problèmes cardiaques, il est finalement déclaré apte à faire campagne et n'est mis en congé illimité que le 21 mars 1919 date à laquelle il se retire à Carcassonne au 13 boulevard d'Iéna, non loin de la société de son père basée au 5 :



C'est aussi cette année-là qu'il divorce, en novembre, et que la garde de son fils est confié à la mère.
Il est dit représentant de commerce, n'assiste pas au rendu du jugement et est simplement représenté par son avoué.

Sa fiche matricule le localise, sans adresse connue en 1921 dans le secteur de Toulouse puis à Casablanca au Maroc au 34 avenue Mers Sultan.

Il est à Toulouse en 1925, on le sait par son brevet déposé à l'INPI mais il est aussi à partir du 23 janvier 1925 à Casablanca, à la même adresse, où il est dit : négociant en grains !



Faisait-il des allers et retours entre la France et le Maroc ? Peut-être.

Lors du mariage de son fils Maxime avec Andrée Pacot à Nîmes, il est dit "fils de Emile Jean Jules Plancard, disparu". Père et fils n'ont donc plus de contact depuis longtemps.
D'ailleurs, les témoins du mariage sont issus exclusivement du pan maternel de Maxime Plancard : son grand-père Aimé Clanet et son beau-père Alexandre de la Rocca, administrateur des colonies. Rien du côté de l'épouse.

Toujours est-il qu'il meurt à l'hôpital militaire d'Alger (hôpital Mustapha) ville où il réside rue Rovigo.
Le déclarant ignore sa profession et visiblement son nom, puisqu'il est inscrit sous celui de Blancard !

Que faisait-il à Alger ? Nul ne le sait pour l'heure. Mais l'envie de le savoir ne m'a pas quitté.


jeudi 29 juin 2017

Y comme... Y arriveront-ils ?

Être à la tête d'une entreprise n'est pas chose aisée. Surtout quand le travail vient à manquer.

Un article du "Courrier de l'Aude" fait état le 25 décembre 1901, d'une manifestation pacifique qui s'est déroulée dans les rues de Carcassonne la veille.


250 ouvriers de la métallurgie carcassonnaise descendent donc dans la rue drapeau tricolore en tête. Les gens formaient une haie sur les trottoirs. Silencieux. Les ouvriers entrent alors à la mairie :



Ils y sont reçus par Jules Sauzède, maire rad-soc de Carcassonne qui deviendra député de l'Aude l'année suivante. En tête de la délégation, deux ouvriers de la maison Plancard. Celle de François et de Michel : Gaillard et Bourjade.

Leurs revendications ? Que le maire revienne sur la décision de la commission des travaux de revenir sur le projet fontinal (l'adduction d'eau de Carcassonne) qui a été confié à une entreprise de... Rouen ! Les ouvriers veulent que ces travaux soient répartis entre tous les patrons de la ville. Le maire acquiesce et vient le dire aux ouvriers qui ont alors crié : "Barvo ! Vive Carcassonne !"

Le 26 décembre 1901, "L’Éclair" publie une pétition des ouvriers pour que ces travaux soient bien répartis entre les patrons de la ville.
On y apprend que le chômage règne en ce début de XXe siècle à Carcassonne. Que les patrons métallurgistes ont été "obligés de réduire le salaire des heures de travail" et même de licencier leurs employés. Fafeur réduit de 35 sa masse salariale et Plancard de 20.


Alors les ouvriers sont-ils arrivés à leurs fins ?

La réponse est finalement non et se trouve dans deux articles de Claude Marquié parus dans La Dépêche, le premier le 7 juin 2015. L'entreprise Plancard refuse de participer de peur, d'une part, de voir surgir des problèmes de coordination et d'autre part, elle estime que la somme allouée est insuffisante. De plus, la préfecture et les Ponts et Chaussées refusent également.

Dans un article de La Dépêche du 14 juin 2015, on y lit que Michel Plancard, seul, reprend le projet l'année suivante. De problèmes en difficultés, c'est l'adduction d'eau de Carcassonne qui met, finalement, à mal l'entreprise Plancard.
Si François avait été prudent, la fougue de son fils Michel a fait chanceler la société.


mercredi 28 juin 2017

X comme... Grosses eXplosions !

La vie de nos ancêtres n'était pas de tout repos.

C'est le cas, semble-t-il pour Jean Plancard, père du serrurier Jules, dont la maison du 2 rue de la Liberté est adossée au fameux bastion de la Figuière dont on a parlé à la lettre F.

Je disais qu'en 1886, ce bastion devait être déjà démoli. Un article du "Courrier de l'Aude" du 7 mai 1885" titré : "A la gêne, pas de plaisir", le confirme.

Visiblement, l'entrepreneur qui détruit ce bastion se fiche comme de son premier bâton de dynamite des conséquences de ses actes. Il bourre "ses trous de mine jusqu'à la gueule de façon à en avoir plus tôt fait et lançant dans les airs des blocs de pierre capables d'effondrer les toits environnants" !


C'est ainsi que début mai à 5 h du matin, une violente explosion éparpille des blocs de pierre et fait frémir les vitres. "La toiture de M. Plancard, serrurier, a reçu une vingtaine de projectiles" qui ont produit divers dégâts. Et un bloc d'une quinzaine de kilos est venu s'échouer dans son jardin...


On tremble pour eux puisque visiblement, les ouvriers, par temps de pluie s'abritent, indique l'article, sous une voûte à l'entrée de la rue de la Liberté. Là où se trouve la réserve de poudre... et qu'ils y fument allègrement...

Et le journaliste de conclure :


La seconde explosion a lieu non loin de là comme le relate un article du "Courrier de l'Aude" du 24 janvier 1894.

En cette fin janvier, un incendie se déclare au 1, rue de la Liberté vers 7 h 15 du matin dans l'épicerie de Frédéric Campredon. L'incendie provoque une violente explosion.

Sur place se rendent, entre autres, les sapeurs-pompiers et un détachement du 15e de Ligne... Le 1, rue de la Liberté se situe juste en face de la maison Plancard qui a reçu des pierres suite à l'explosion de charges en vue de la destruction du bastion de la Figuière. Pas de chance.



Le feu est circonscrit vers 9 h. Si le journaliste s'avance sur les causes du sinistres : une allumette qui serait malencontreusement allée rencontrer un bidon de pétrole, il mentionne que des éclats de la devanture ont été projetés sur la rue blessant un homme de 25 ans, François Alberti, qui passait par là. Le jeune Campredon, 15 ans, a été brûlé aux jambes et à la tête en traversant le magasin en feu.
En tout, le préjudice a été évalué à 25.000 Frcs.

Dans un second article du même journal du 26 janvier 1894, les faits sont précisés :


C'est donc au moment de l'allumage d'une lampe que l'explosion s'est produite : "La devanture du magasin fut projetée contre la maison du sieur Plancard"... Pour une maison maudite, c'est une maison maudite...

Mais la conclusion de l'article est savoureuse en diable :

"Les voisins et les locataires se plaignaient depuis longtemps d'une odeur de gaz, voilà peut-être la cause de cette explosion terrible, qui a fait croire, à ceux qui en ont ressenti les effets, à la démolition de l'hôtel de la Préfecture" !


mardi 27 juin 2017

W... comme Wedding à l'Hôtel d'Angleterre

Vous vous souvenez qu'à la lettre A j'avais loué cette pipelette de "Vie Montpelliéraine", véritable magazine people de l'entre-deux guerre. Elle avait signalé l'arrivée d'un Plancard dans la station de Luchon en 1910.

Pour cette lettre W, je reviens encore (comme à la lettre B) sur un mariage.

Mais quel mariage. Un mariage qui a lieu le jeudi 15 avril 1920 à Saint-Brès dans l'Hérault. La petite bourgade où je me suis rendu il y a quelques années est coincée entre l'A9 et la N113. Et son église se découvre au détour d'une ruelle :




C'est là qu'Henriette Plancard, fille de Guillaume Michel (décédé en 1916), industriel à Carcassonne et d'Antoinette Verger, s'unit à Jean Cellier, fils "de Joseph Cellier, de Vendémian, ancien maire de Cournonterral, décédé et de Mme Jospeh Cellier, de Cournonterral".

Pourquoi Saint-Brès ? Ma famille n'a pas d'attaches dans l'Hérault étant davantage tournée vers l'Aude et la Haute-Garonne.

Car à Saint-Brès, il y a un château. Aujourd'hui propriété de la commune, il appartenait au moins à partir de 1926 à André Plancard, un fils de Guillaume-Michel qui y réside avec sa mère. D'ailleurs le cortège part de cet édifice à l'église toute proche. André se mariera en 1926 à Montpellier.
C'est d'ailleurs ce frère d'Henriette qui la mènera à l'autel.


"La Vie Montpelliéraine" du 9 mai 1920 détaille par le menu ce "beau" mariage :


On remarque que le pape Benoît XV leur donne leur bénédiction. Il est toujours possible d'en demander une aujourd'hui. Le petit plus qui fait plus !

Mais "La Vie Montpelliéraine" va plus loin en détaillant tout le cortège et en précisant les tenues vestimentaires de chaque personne ! Une vraie photographie.


On remarque dans le cortège toute la famille proche : les Andrieu et les Bureau. Ainsi que des Soréziens, des élèves d'une école privée du Tarn. On peut s'amuser à rechercher les anciens de cette école sur le site ad-hoc.

Après les robes "liberty noir et tunique pailletée or et argent" et celles "en taffetas blanc brodé vert jade" le cortège se rend "en automobile" à Montpellier à l'hôtel d'Angleterre "où fut servi un menu digne de la réputation de cette maison et où les divertissements, chants, danses anciennes et nouvelles ont duré jusqu'au matin, pendant que les mariés partaient pour le traditionnel voyage sur la Côte d'Azur".

Voici l'hôtel d'Angleterre, rue Maguelone à Montpellier, "the place to be" à l'époque et la salle où a sûrement eu lieu le banquet :


Dans le même journal, on s'aperçoit, que moins d'une semaine plus tard, le mercredi 28 avril a lieu le mariage d'une Paule Cellier, de la même famille que Jean, l'époux d'Henriette, qui épouse Georges Gounel :


Là aussi, le cortège avec moult détail dont les époux de la semaine précédente revenu de la Côte d'Azur : Mme Jean Cellier "en satin bleu roy et tunique de tulle noir brodé or". Le mariage se régale ensuite d'un banquet au fameux hôtel d'Angleterre.

C'est la fin de l'article qui est très intéressant :
" Par ces mariages, les Cellier s'unissent à la famille très connue des grands oindustriels de Carcassonne, Plancard et Cie, et à une vieille famille de gros propriétaires de Murles, la famille Gounel, depuis bien longtemps estimée de tous".


Reste maintenant à retrouver la photos des deux mariages. Photo qui a certainement été réalisée vu l'aisance financière des familles.





lundi 26 juin 2017

V comme ... Vente aux enchères

Dans ma famille paternelle, on ne vit pas très vieux. La cinquantaine est souvent un cap infranchissable.

Alors pensez, imaginer qu'un frère de Gabriel (1813-1856) aurait dépassé 60, voir 70 ou 80 ans, ne m'a même pas effleuré l'esprit.

C'est ainsi que j'ai très vite pensé qu'Antoine Plancard, né le 22 prairial An X soit le 11 juin 1802, premier fils de mon soldat de la Révolution, n'était pas mort à Carcassonne. Mais comme, il n'y avait aucune trace de son décès dans les registres de Toulouse où est mort son fils aîné Benoît en 1920. J'avais naïvement pensé qu'il avait accueilli son vieux papa pour qu'il termine paisiblement sa vie... jusqu'à ce que j'ouvre la presse ancienne.

En effet, "La Fraternité" du 7 juin 1874 fait part de la vente aux enchères d'une maison située au 14, rue Saint-Michel, aujourd'hui rue Voltaire dans la bastide Saint-Louis. Une vente un epu particumière puisque le dit immeuble est dit "à vendre sur licitation", c'est à dire que le bien est en indivision. Une vente à la requête de Jean et de Benoît les deux fils d'Antoine Plancard. Le premier né en 1838 et le second en 1833. Leurs sœurs étant visiblement décédées en bas-âge.


Je m'aperçois aussi que la vie familiale, loin d'être au beau fixe, semble être un peu tendue. En effet, l'autre partie de l'indivision n'est autre qu'Antoine Plancard, "ancien serrurier". La vente a été ordonnée par le tribunal civil de Carcassonne en date du 5 juin 1874.

Voici la dite maison :




Cela voulait aussi dire qu'Antoine Plancard n'était pas encore décédé et qu'il avait 70 ans. Un âge canonique pour les Plancard de Carcassonne.

Cela voulait dire aussi que son épouse était sûrement décédée et que les fils réclamaient leur part.

Les archives de Carcassonne m'ont donné raison. Marie Cabal née le 13 septembre 1813 à Carcassonne et qui avait épousé Antoine le 18 mars 1833 était décédée le 4 février 1874 à 1 h du matin au 14, rue Saint-Michel.


Les déclarants ne sont pas ses fils, mais son beau-frère François.

Les archives en ligne ne vont que jusqu'en 1872. Impossible de savoir, donc si Antoine Plancard est mort à Carcassonne et surtout en quelle année.

Dans une annonce légale du "Courrier de l'Aude" du 7 mai 1895 fait état de la vente aux enchères d'une maison du 14 rue Saint-Michel. Les deux frères Plancard, réussissent enfin a vendre la maison dont la mise à prix est de 4.000 francs. Cela veut dire déjà qu'Antoine Plancard a finalement racheté la part de ses fils. Et ensuite qu'il est mort plus que nonagénaire en 1894 ou 1895 !

La vente est prévue pour le jeudi 30 mai  1895 :


La maison comporte deux étages sur un rez-de-chaussée, la maison actuelle du 14 rue Saint-Michel a donc sans doute été amputée d'un étage ou le numéro a été légèrement décalé.

Mieux, dans une autre annonce légale du "Courrier de l'Aude" du 14 mai 1895, les deux fils Plancard souhaite aussi vendre les effet d'Antoine Plancard. La vente est prévue le 21 mai 1895 "dans une maison située à Carcassonne, rue Voltaire, numéro 14, où est décédé Antoine Plancard, en son vivant sans profession".

On y vendra "Lits, buffets, armoire, glace, table, chaises, vieux canapé, fauteuil, bureau, pendule à caisse, linge, ustensiles de cuisine etc." Toute une vie aux enchères...


La maison, elle, a bénéficié d'une offre de 6.000 francs par un domestique : Jean Rivière. Mais un autre domestique, Baptiste Soubira, a fait une surenchère à 7.000 francs. Une annonce légale du Courrier de l'Aude du 8 juin 1895 le stipule :


La nouvelle audience aura donc lieu le 27 juin suivant et la mise à prix de ces enchères à la criée sera de 7.000 francs.

Et c'est Jean Rivière, domestique, qui remporte la maison d'Antoine Plancard. Je ne sais, pour l'heure, à quel prix. Il apparaît dans le recensement de la population de Carcassonne de 1901 :


Il y habite un étage avec son épouse Rosalie Nespoulet et ses deux fils Léon et Albert. L'autre étage est occupée par la famille Egehard ainsi que la Jacques Vidale et son époux et une certaine Justine Falcou.

Encore quelques heures de recherche en perspective...