vendredi 2 décembre 2016

Loué soit le voleur du parapluie de mon arrière-grand-père !



Je ne remercierai jamais assez l’aigrefin qui subtilisa à Toulouse, le dimanche 19 mai 1912 vers 11 h 45, le parapluie de mon arrière-grand-père paternel. Ma gratitude va aussi au journaliste, sûrement en manque d’inspiration, qui écrivit ce petit fait-divers.

Je redis ici, une fois de plus, les incommensurables trésors nichés dans des entrefilets de la presse locale dont les numéros sont numérisés ici et là.

En effet, j’ai épluché l’excellente édition de Toulouse de « L’Express du Midi » ici, sur Rosalis, le site de la Bibliothèque numérique de Toulouse. 


On peut y effectuer une recherche par mot-clé. J’y ai donc tapé mon patronyme sachant que des membres de ma famille résident à Toulouse. Au fil des recherches, je suis tombé sur quelques lignes qui semblaient, de prime abord, parfaitement anodines.

Paru dans l’édition du vendredi 24 mai 1912, l’article est intitulé : « Il pleut ». A peine si on le remarque et est ainsi libellé : « M. Sacaze, commissaire de police de service de permanence, sur plainte du sieur Gabriel Plancard, 23 ans, demeurant rue Raymond IV, n°7, a ouvert une information contre inconnu, pour vol d’un parapluie d’une valeur de 50 fr., commis dimanche vers 11 h 45, place Wilson, au café de la Comédie, om il était entré pour consommer ».



La première réflexion est de se demander pourquoi un commissaire de police de Toulouse qui, on l’imagine, à d’autres chats à fouetter, prend-il une plainte pour le vol d’un parapluie, fut-il très cher ? L’homme spolié de son bien était-il assez important pour déclencher le ban et l’arrière-ban ? A priori non : Gabriel Plancard, 23 ans.

Le prénom m’a tout de suite intrigué. Les Plancard de Toulouse et de ce secteur géographique appartiennent tous à ma famille paternelle.
Et de Gabriel, je n’en connais que trois. Ce ne peut donc être ni mon père, né en 1943, ni le fondateur de la branche algérienne mort en 1856. Il ne reste donc que mon arrière-grand-père Gabriel Plancard, né à Aumale (aujourd’hui Sour El Ghozlane) le 4 avril 1888. Si l’on soustrait 23 ans de 1912, cela donne 1889… Mais le 24 mai 1912, il venait d’avoir 24 ans…

Pas de doute, il s’agit bien de mon arrière-grand-père. Emotion.

Mais la raison revient au galop, mon aïeul, à cette époque, est cultivateur à Aïn Bessem. Que faisait-il donc à Toulouse ?

Je pensais, bien naïvement, qu’il n’était venu sur le sol métropolitain que pour combattre en 14-18 et y être, par deux fois, grièvement blessé. Force est de constater qu’il allait aussi au Grand Café de la Comédie pour se désaltérer…

Je pensais aussi, bien simplement aussi, qu’il n’y avait plus de contact entre la branche établie en Algérie et celle restée en France. C’était exclure un peu vite les neveux et nièces de son père donc ses cousines et cousins germains. Ceux qui sont issus de l’un des trois frères partis à la conquête de l’Algérie en 1831. Si Gabriel (1812-1856) y était resté, son frère Guillaume y est mort en 1845 et son frère Jean (1809) en est reparti pour s’installer à Carcassonne. D’autres de leurs frères et sœurs sont aussi restés dans le secteur entre Carcassonne et Toulouse. Peut-être est-il allé leur rendre visite ?

Autre information de taille : l’adresse où il réside le 7, rue Raymond IV, est un bel immeuble rose, à deux pas de la place du Capitole… J’imaginais mon arrière-grand-père issu d’un milieu bien plus modeste. En tout cas, une piste de recherche s’ouvre.

Pour conclure, je suis pris d’un espoir. En effet, mon grand-père paternel est né en juillet 1913. Mon arrière-grand-père s’étant marié avec Françoise Adélaïde Barge née à Seddouk en 1893.
Leur acte de mariage reste introuvable dans les registres des ANOM. Ils ont du convoler en… 1912. Peut-être l’ont-il fait à Toulouse.

A suivre…

1 commentaire:

veronique garone a dit…

merci cousin pour tout ce que tu fais pour la famille PLANCARD et en lisant ton ce billet j'arrive a mieux comprendre ce qui m'attire irrémédiablement dans cette région ce sont surement mes racines .